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Ennéagramme

Qu'est-ce qu'un ennéatype et combien y en a-t-il

Par la rédaction de Personaramic6 min de lecture
Illustration minimaliste de neuf points numérotés reliés par des lignes

Un ennéatype est chacun des neuf types de personnalité que décrit l’ennéagramme. Dans le modèle, ce n’est pas une liste de traits, mais une structure : une peur de fond, un désir qui tente de la compenser et une série d’habitudes émotionnelles et mentales qui s’organisent autour des deux.

Cet article explique de quelles pièces se compose un ennéatype et comment elles se combinent. C’est un contenu de vulgarisation sur un modèle de personnalité, pas un diagnostic.

L’idée de départ : une personnalité conditionnée

La prémisse de l’ennéagramme est que, pendant les années de formation, chaque personne développe une stratégie de protection face à ses vulnérabilités émotionnelles. Avec le temps, cette stratégie devient automatique et se confond avec l’identité.

Dans le langage du système, cette structure est l’ego ou la personnalité conditionnée, et l’ennéatype en est la forme concrète. D’où une conséquence importante : le modèle ne classe pas selon le comportement, mais selon la motivation. Deux personnes peuvent rester tard au travail, l’une par peur de ne pas être assez compétente (un schéma propre au 5), l’autre par besoin de se sentir indispensable à son équipe (propre au 2).

Combien y a-t-il d’ennéatypes

Il y en a neuf, numérotés de 1 à 9 selon leur position dans le symbole : le 1, le 2, le 3, le 4, le 5, le 6, le 7, le 8 et le 9. Chacun a sa fiche, et la synthèse comparée des neuf se trouve dans quelles sont les 9 personnalités de l’ennéagramme.

Les numéros n’indiquent aucun ordre d’importance ni de maturité. Le 1 n’est pas « meilleur » que le 9 : ce sont des positions sur un cercle.

L’anatomie d’un ennéatype

Chaque type se décrit avec les mêmes pièces. Prenons le 1 comme exemple pour voir comment elles s’emboîtent.

Peur fondamentale et désir fondamental

La peur fondamentale est la menace que la personne cherche à éviter sans s’en rendre compte. Le désir fondamental est l’objectif qu’elle poursuit pour se sentir en sécurité. Dans la formulation de Riso et Hudson, le 1 craint d’être mauvais ou défectueux et désire être bon et intègre. Le désir est légitime ; le problème apparaît quand on le poursuit de façon compulsive.

Passion et fixation

Óscar Ichazo, celui qui a associé chaque pointe du symbole à un type de caractère, a décrit deux distorsions pour chacun :

  • La passion, une distorsion émotionnelle. Les neuf passions sont la colère, l’orgueil, la vanité, l’envie, l’avarice, la peur, la gourmandise, la luxure et la paresse, du 1 au 9. Sept d’entre elles correspondent aux péchés capitaux de la tradition chrétienne, auxquels s’ajoutent la peur et la vanité.
  • La fixation, une distorsion de la pensée : l’idée récurrente par laquelle l’esprit justifie la passion. Chez le 1, par exemple, la colère s’accompagne du ressentiment ; chez le 7, la gourmandise s’accompagne de la planification constante.

Claudio Naranjo a repris cette structure et a relié chaque type à un style de caractère décrit par la clinique : le 1 à la personnalité obsessionnelle, le 2 à l’histrionique ou le 6 au caractère paranoïaque, toujours en tant que styles et non en tant que troubles.

Niveaux de développement

Riso et Hudson ont ajouté une dimension verticale : chaque type peut se vivre à neuf niveaux, regroupés en trois bandes (sain, moyen et peu sain). Un 1 dans la bande saine est sage, juste et tolérant ; dans la bande moyenne, critique et exigeant ; dans la bande peu saine, rigide et intransigeant. L’idée est utile, car elle explique pourquoi deux personnes du même type peuvent sembler si différentes.

Les pièces qui nuancent le type

Les ailes

Les ailes sont les deux numéros voisins dans le symbole. Selon le modèle, le type de base ne change pas, mais il emprunte des nuances au voisin avec lequel il a le plus d’affinité.

Par exemple, un 4 aile 3 tend à montrer sa sensibilité de façon plus expressive et tournée vers la reconnaissance, tandis qu’un 4 aile 5 se porte davantage vers l’introspection et le non-conventionnel. Avec deux ailes possibles par type, on obtient 18 combinaisons.

Les sous-types instinctuels

Le troisième niveau est l’instinct dominant. La tradition en distingue trois :

  • Conservation : attention à la sécurité physique, à la santé, aux ressources et au confort.
  • Social : attention au groupe, à l’appartenance, à la place occupée dans une communauté.
  • Tête-à-tête ou sexuel : attention aux liens intenses avec des personnes précises.

Naranjo a développé, à partir d’Ichazo, la combinaison des neuf types avec les trois instincts en 27 sous-types, et Riso et Hudson reprennent la même idée sous le nom de « variantes instinctuelles ». Un 6 conservation et un 6 tête-à-tête peuvent sembler presque opposés : le premier cherche protection et chaleur ; le second affronte souvent le danger pour se prouver qu’il est fort.

Les trois triades ou centres

Les neuf types se regroupent en trois centres, selon le lieu d’où ils réagissent en premier :

  • Instinctif (8, 9 et 1) : ils réagissent depuis le corps, avec la colère en toile de fond.
  • Émotionnel (2, 3 et 4) : ils réagissent depuis le sentiment et l’image, avec la honte en toile de fond.
  • Mental (5, 6 et 7) : ils réagissent depuis la pensée, avec la peur ou l’anxiété en toile de fond.

Directions de stress et de croissance

Les lignes intérieures du symbole indiquent, pour chaque type, deux directions. Sous un stress prolongé (désintégration), la personne adopterait des traits peu sains d’un autre type ; au fil de son développement (intégration), elle intégrerait les qualités saines d’un troisième.

TypeSous stress, se déplace vers leEn croissance, se déplace vers le
147
284
396
421
578
639
715
852
963

Quelle part de cette anatomie est étayée

Il faut distinguer les pièces. La revue systématique de Hook et ses collègues (2021), portant sur 104 échantillons, a trouvé des preuves mitigées sur l’ennéagramme : certaines échelles se relient au Big Five comme le prédit la théorie, mais les analyses factorielles trouvent généralement moins de neuf facteurs et presque aucune recherche ne soutient les ailes et les déplacements entre types.

Autrement dit : les ailes, les sous-types et les flèches sont des développements théoriques des auteurs, utiles pour réfléchir, mais pas des résultats empiriques. C’est pourquoi il est sensé de prendre son propre ennéatype comme une hypothèse de travail pour s’observer, et non comme une étiquette.

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Sources

  • Riso, D. R. et Hudson, R. (1999). The Wisdom of the Enneagram. New York : Bantam.
  • Naranjo, C. (1994). Character and Neurosis: An Integrative View. Nevada City : Gateways/IDHHB.
  • Hook, J. N., Hall, T. W., Davis, D. E., Van Tongeren, D. R. et Conner, M. (2021). The Enneagram: A systematic review of the literature and directions for future research. Journal of Clinical Psychology, 77(4), 865-883. https://doi.org/10.1002/jclp.23097

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Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un ennéatype exactement ?

Selon ce modèle, la structure de personnalité conditionnée qui se forme dans l'enfance autour d'une peur de base et d'un désir compensatoire précis : l'un des neuf schémas que décrit le système.

Que sont les « ailes » dans l'ennéagramme ?

Les deux numéros adjacents au type principal dans le symbole géométrique : selon cette approche, ils nuancent le comportement du type de base sans le changer, en lui apportant des traits des profils voisins.

Peut-on changer d'ennéatype au cours de la vie ?

Selon ce modèle, non : le type de base se maintient toute la vie, même si la personne se déplace temporairement vers les schémas d'un autre ennéatype sous stress (désintégration) ou au fil de son développement (intégration).

Combien de combinaisons différentes l'ennéagramme décrit-il ?

Cela dépend du niveau de détail : 9 types ; 18 si l'on tient compte de l'aile dominante ; 27 sous-types si l'on combine les 9 types avec les 3 instincts (conservation, social et tête-à-tête), comme l'a fait Claudio Naranjo.