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Langages de l'amour

Services rendus : aimer par les actes, pas seulement par les mots

Par Rafa Personaramic3 min de lecture
Illustration minimaliste avec une coche représentant les services rendus

Services rendus : quand aider est la façon la plus claire d’aimer

Pour celles et ceux qui ont les services rendus comme langage principal, les belles paroles peuvent sonner creux si elles ne s’accompagnent pas d’actes. Aider avec quelque chose de concret, une tâche, un problème, une démarche, communique l’affection de façon plus directe que n’importe quel discours.

Il ne s’agit pas de servilité : c’est une façon de dire « je te vois, et je fais quelque chose avec ce que je vois » plutôt que de simplement le nommer.

D’où vient ce langage

Gary Chapman, dans son livre de 1992 sur les cinq langages de l’amour, résume le message que transmet ce langage en une phrase très simple : « tu comptes pour moi et je veux te faciliter la vie ». Ce qui rend un service rendu valable n’est pas la tâche en elle-même, mais l’attitude avec laquelle elle est accomplie. Chapman est clair sur un point : ces gestes doivent se faire librement, jamais par obligation ni comme monnaie d’échange dans une dispute, car dès l’instant où ils deviennent une exigence, ils cessent de communiquer de l’affection et commencent à communiquer du ressentiment.

Comment cela se manifeste

  • Ces personnes montrent leur affection en résolvant des problèmes pratiques, parfois sans qu’on le leur demande, comme façon naturelle d’exprimer qu’elles tiennent à quelqu’un.
  • Elles accordent beaucoup d’importance à la tenue des engagements : une promesse non tenue pèse plus lourd pour ce langage que pour d’autres.
  • Elles peuvent passer pour peu expressives, alors qu’en réalité elles montrent de l’affection d’une façon qui n’est simplement pas verbale.
  • Elles remarquent la passivité ou le manque de collaboration au quotidien comme une forme concrète de désamour, même si personne ne dit rien à ce sujet.

Quelques nuances généralement associées à ce langage

Chapman et d’autres vulgarisateurs du modèle signalent certaines nuances liées à ce langage, même si chaque relation concrète est différente :

  1. Demander avant de supposer : tout le monde ne veut pas qu’on résolve ses problèmes à sa place, parfois il suffit d’être écouté ; selon cette approche, demander peut éviter que l’aide se ressente comme intrusive.
  2. Le choix face à l’obligation : un service rendu de mauvaise grâce ou utilisé comme reproche, souligne Chapman, perd l’effet qu’il aurait eu s’il était né de l’envie de faciliter la vie de l’autre.
  3. La fiabilité dans les engagements : pour qui a ce langage, tenir un petit engagement s’associe généralement à une forme directe d’affection.
  4. La reconnaissance explicite : qui exprime son affection par des actes, selon ce modèle, peut apprécier qu’on lui reconnaisse le geste avec des mots, même si cela lui coûte de le faire lui-même.

Se laisser influencer par son partenaire : le service rendu comme façon d’accepter ce qu’il demande

John Gottman, dans Les sept principes pour faire fonctionner un mariage, décrit l’un de ses sept principes comme « se laisser influencer par son partenaire » : les relations les plus stables, selon ses recherches, ne sont pas celles qui évitent le désaccord, mais celles qui prennent au sérieux ce que l’autre demande ou dont il a besoin, au lieu de l’écarter systématiquement. Accepter cette influence n’équivaut pas à céder du terrain, souligne Gottman, mais à donner un poids réel à la perspective de l’autre même si elle ne coïncide pas avec la sienne.

Les services rendus s’accordent d’ailleurs assez directement avec ce principe : quand l’un des deux demande de l’aide pour quelque chose de concret (s’occuper d’une démarche, changer une habitude, prendre en charge une tâche) et que l’autre y répond en le faisant, cela ne résout pas seulement un problème pratique, cela démontre aussi que la demande de l’autre compte suffisamment pour agir. Sous cet angle, un service rendu ne remplace pas la parole, il la complète : se laisser influencer par ce que l’autre demande, et en plus le faire, sont deux couches du même geste.

Questions fréquentes

Que signifie avoir les services rendus comme langage de l'amour ?

Que l'affection s'exprime et se perçoit mieux à travers une aide concrète et des actes qui facilitent la vie de l'autre, plus qu'à travers des mots ou des gestes symboliques.

Les services rendus sont-ils la même chose que rendre service par obligation ?

Non. La différence est dans l'intention : un service rendu naît du désir de faciliter la vie de l'autre, pas de la pression ou de la culpabilité.

Comment éviter que cela soit mal interprété comme un manque de romantisme ?

En expliquant son propre langage à l'autre personne : pour qui valorise les services rendus, résoudre un problème pratique est aussi romantique qu'un geste traditionnel, même si cela ne le paraît pas de l'extérieur.