Qui a créé le test des 16 personnalités ?
L’indicateur typologique connu aujourd’hui populairement comme le « test des 16 personnalités » ou MBTI (d’après son sigle anglais) a été créé par deux femmes sans formation académique formelle en psychologie : une mère et sa fille, travaillant depuis leur propre domicile pendant plus de deux décennies.
Une mère qui cataloguait les personnalités avant de découvrir Jung
Katharine Cook Briggs commença à observer et classifier les différences de tempérament bien avant de lire Jung. Au début du XXe siècle, elle notait déjà depuis des années des schémas de comportement dans son entourage proche, poussée en partie par la curiosité de comprendre pourquoi le caractère de son gendre, Clarence « Chief » Myers, était si différent de celui de sa fille Isabel malgré leur bonne entente. Lorsqu’en 1923 fut traduit en anglais Types psychologiques de Carl Jung (publié en 1921), Briggs trouva dans le livre un cadre théorique qui correspondait à des années d’observation maison.
Isabel Briggs Myers : de romancière à statisticienne autodidacte
Sa fille, Isabel Briggs Myers, n’avait aucune formation en psychologie ni en statistique ; elle avait étudié les sciences politiques et s’était consacrée à l’écriture de romans policiers. Malgré cela, à partir des années trente, elle commença à concevoir des questions, à les tester informellement auprès de connaissances et à affiner le questionnaire à la main, apprenant seule les fondements de la construction de tests psychométriques qu’aucun programme universitaire ne lui avait enseignés.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors qu’une bonne partie de la population active était mobilisée et qu’il était urgent d’assigner à chaque personne le poste industriel le plus adapté à sa façon de travailler, Briggs et Myers virent une application pratique immédiate à leur instrument et distribuèrent les premières versions papier du questionnaire.
D’un projet familial à un standard édité
L’indicateur resta pendant des années un projet soutenu presque seule par Myers, qui alla jusqu’à le tester auprès de milliers d’étudiants en médecine et en soins infirmiers pour accumuler des données. Ce n’est que dans les années 1960 et 1970, avec l’arrivée de la psychologue Mary McCaulley et la fondation du Center for Applications of Psychological Type, que l’instrument gagna une bonne partie de l’appareil psychométrique (fiabilité test-retest, validité de construit) qui lui manquait depuis son origine artisanale, déjà édité formellement comme standard depuis le milieu des années 1950 (voir fiche technique plus bas).
Le mécanisme des quatre dimensions
L’indicateur final fut structuré autour de quatre échelles bipolaires ou dichotomies indépendantes, combinant les idées de Jung aux apports de Briggs et Myers :
- Orientation de l’énergie : Extraversion (E) face à Introversion (I). Définit si le focus se dirige vers le monde extérieur ou vers l’univers interne des idées.
- Acquisition de l’information : Sensation (S) face à Intuition (N). Choisit entre l’enregistrement littéral par les sens ou la captation de schémas et de possibilités abstraites.
- Prise de décision : Pensée (T) face à Sentiment (F). Oppose l’analyse logique et impersonnelle à l’évaluation fondée sur des valeurs personnelles ou sociales.
- Style de vie vers l’extérieur : Jugement (J) face à Perception (P). Décrit si l’on préfère un environnement structuré et définitif ou une approche flexible qui s’accorde aux circonstances.
En croisant ces variables, on obtient un code unique de quatre lettres (comme INFJ ou ESTP) qui décrit l’un des 16 portraits de la personnalité normale.
Note essentielle de santé mentale : cette typologie autodéclarée est un contenu interactif et pédagogique pour la connaissance de soi et le développement personnel. Elle ne mesure ni pathologies ni aptitudes intellectuelles, et ne remplace en aucun cas l’évaluation diagnostique ou le jugement clinique d’un professionnel qualifié.
Évolution et impact numérique
Ce qui commença comme un projet d’observation familiale est devenu un standard psychométrique formellement édité à partir de 1956. Avec l’arrivée des environnements numériques, l’évaluation des 16 personnalités s’est imposée comme l’une des méthodologies les plus répandues sur le web pour l’orientation professionnelle et la cohésion d’équipe. Sa valeur actuelle réside dans sa capacité pédagogique à traduire des concepts complexes de psychologie profonde en une carte claire, accessible et utile au quotidien.
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Questions fréquentes
Qui a créé le test des 16 personnalités ?
Katharine Cook Briggs et sa fille Isabel Briggs Myers, en partant de la théorie des types psychologiques de Carl Jung publiée en 1921.
Quand le premier questionnaire a-t-il été créé ?
Les premières versions papier furent élaborées pendant la Seconde Guerre mondiale ; l'indicateur fut formellement édité comme standard psychométrique à partir de 1956.
Pourquoi ce test a-t-il été créé ?
Pour aider les personnes à identifier leurs inclinations naturelles et trouver des emplois adaptés à leur profil, notamment dans un contexte de crise guerrière qui exigeait d'attribuer rapidement des tâches.