Communication selon votre style d'attachement : pourquoi tout le monde ne part pas du même point
Communication selon votre style d’attachement : la même conversation, deux points de départ différents
Deux personnes peuvent avoir exactement la même conversation difficile et la vivre de façon complètement différente, selon leur style d’attachement. Ce n’est pas seulement une question de « savoir communiquer » : le système d’attachement lui-même conditionne ce qui semble risqué à dire à voix haute.
Note de responsabilité : cet article s’appuie sur la théorie de l’attachement de Bowlby et Ainsworth et sur la recherche sur la communication en couple que rapportent Amir Levine et Rachel Heller dans Comment on s’attache. Il a une finalité exclusivement informative et ne remplace pas l’évaluation, le diagnostic ni l’intervention d’un professionnel de la santé mentale.
Ce que dit la recherche sur la communication efficace
Levine et Heller rapportent dans leur livre la recherche de Nancy Collins et Stephen Read (Université de Californie-Santa Barbara et Université de Californie du Sud) sur les processus sociaux et cognitifs qui affectent les relations intimes. C’est de là que naît le concept de « communication efficace », qui poursuit deux objectifs : aider à exprimer ses propres besoins de manière claire, directe et non offensante, sans tomber dans l’attitude défensive ni dans l’attaque ; et créer, par ce même comportement, un modèle que le partenaire puisse reproduire naturellement.
Questions que pose le livre pour évaluer une conversation
À titre de référence informative, non de formule unique, le livre pose des questions comme celles-ci pour revoir comment une conversation difficile s’est déroulée :
- A-t-on atteint le fond réel du malaise, ou a-t-on limé les aspérités sans rien résoudre ?
- A-t-on répondu aux faits concrets, ou à une interprétation ou un jugement sur l’autre ?
- L’attitude défensive est-elle apparue, ou a-t-on pu soutenir la conversation sans elle ?
Aucune conversation ne remplit ces critères en permanence, et la recherche sur l’attachement elle-même reconnaît que les tenir dépend en partie du style de chacun, pas seulement de la volonté.
Comment chaque style tend à vivre cette conversation
- Attachement sécure : tend à réagir de façon plus calme et constructive ; la critique ou le désaccord ne sont pas interprétés comme une menace pour la relation tout entière.
- Attachement anxieux : exposer un besoin propre peut faire apparaître la peur de paraître « dépendant » ou d’exagérer, et toute réaction tiède de l’autre personne est facilement interprétée comme un signal de danger pour le lien.
- Attachement évitant : communiquer un besoin de façon directe peut être vécu comme une exposition inutile, cohérente avec la stratégie de désactivation que ce schéma utilise pour réguler le malaise en solitaire.
- Attachement désorganisé : peut combiner les deux difficultés, alternant entre le besoin d’exprimer quelque chose et la sensation que le faire est risqué.
Pourquoi ce n’est pas seulement « parler davantage »
La recherche sur laquelle s’appuie cette approche insiste sur le fait que la communication efficace ne dépend pas de parler plus ou moins, mais de ce à quoi l’on répond : les faits concrets de la situation, ou l’interprétation automatique que déclenche son propre système d’attachement. Reconnaître cette différence, selon ce que décrivent Collins et Read, est ce qui sépare une conversation qui résout quelque chose de réel d’une conversation qui ne fait que répéter le même schéma avec d’autres mots. C’est exactement le mécanisme qui s’active dans la combinaison la plus exigeante des quatre, celle d’attachement anxieux et évitant.
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Questions fréquentes
Qu'est-ce que la 'communication efficace' dans le contexte de l'attachement ?
Un concept issu de la recherche de Nancy Collins et Stephen Read (1990) sur les relations intimes : communiquer ses propres besoins de façon claire, directe et non offensante, sans tomber dans l'attitude défensive ni dans l'attaque.
Pourquoi certaines personnes ont-elles plus de mal à communiquer ce dont elles ont besoin ?
La recherche sur l'attachement associe cette difficulté au style lui-même : une personne à attachement anxieux peut craindre de paraître 'dépendante' en demandant quelque chose, et une personne à attachement évitant peut vivre la communication directe d'un besoin comme une exposition inutile.
L'attachement sécure communique-t-il naturellement mieux ?
Il tend à réagir de façon plus calme et constructive face à ce type de conversations, selon la littérature, mais communiquer clairement est une compétence que la recherche ne réserve pas à un seul style d'attachement.