Ai-je un attachement sécurisé ?
Test court de 15 questions pour savoir s'il vous est naturel de faire confiance aux autres et de garder une proximité émotionnelle sans dépendance.
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La théorie de l'attachement, formulée par le psychiatre britannique John Bowlby à partir de son travail clinique auprès d'enfants après la Seconde Guerre mondiale, puis développée par la psychologue Mary Ainsworth, explique comment les liens que nous formons dès l'enfance façonnent notre façon de nous lier aux autres à l'âge adulte : quelle proximité nous recherchons, comment nous gérons la peur de l'abandon et à quel point nous nous sentons à l'aise à dépendre d'une autre personne. Bowlby défendait une idée polémique pour son époque : que ce lien est un besoin primaire en soi, aussi biologique que la faim, et non un simple effet secondaire du fait d'être nourri.
Le modèle décrit l'attachement à partir de deux axes indépendants : l'anxiété (à quel point vous craignez que l'on cesse de vous aimer ou que l'on vous abandonne) et l'évitement (à quel point la proximité et la dépendance émotionnelle vous mettent mal à l'aise).
La combinaison de ces deux axes définit quatre styles :
La façon de le mesurer a évolué avec le modèle. Ainsworth a conçu en 1978 la « situation étrange » : une expérience de seulement huit épisodes (mère et enfant dans une pièce avec des jouets, l'apparition d'une personne inconnue, deux brèves séparations et leurs retrouvailles) qui permettait de classer des bébés d'un an selon leur réaction en retrouvant leur mère.
Pour les adultes, la psychologue canadienne Kim Bartholomew a proposé en 1991, avec Leonard Horowitz, un modèle plus simple à appliquer hors laboratoire : croiser deux questions, est-ce que je mérite amour et attention ? (modèle de soi) et puis-je faire confiance à la disponibilité de l'autre ? (modèle d'autrui), fait apparaître les mêmes quatre styles selon la combinaison de réponses positives et négatives. C'est exactement le critère utilisé par notre test : il situe votre résultat sur une carte à deux axes, et non dans une compétition entre quatre étiquettes fermées.
L'instrument clinique de référence reste l'entretien d'attachement adulte (AAI, Main, Kaplan et George, 1985), qu'un professionnel évalue moins d'après ce que vous racontez de votre enfance que d'après la cohérence de votre récit ; les questionnaires autoadministrés comme le nôtre sont bien plus simples, mais coïncident de façon raisonnable avec ses résultats.
Aucun style n'est figé ni définitif : la recherche sur ce qu'on appelle la « sécurité acquise » montre qu'il peut évoluer grâce à la connaissance de soi, à des relations offrant une base sûre et, si nécessaire, à une thérapie. Notre test est une version vulgarisée et informative inspirée de ce modèle : il ne remplace ni une évaluation psychologique professionnelle, ni l'entretien d'attachement adulte.
Les psychologues Phillip Shaver et Mario Mikulincer, auteurs de l'ouvrage de référence sur l'attachement adulte Attachment in Adulthood, décrivent l'anxiété et l'évitement comme deux stratégies secondaires de régulation émotionnelle face à une figure d'attachement qui n'est pas toujours disponible : l'hyperactivation (maintenir le système d'attachement en alerte constante, en insistant jusqu'à obtenir de l'attention) et la désactivation (ce que Bowlby appelait « l'autosuffisance compulsive » : supprimer la recherche de proximité et gérer le malaise en solitaire).
L'instrument d'autoévaluation le plus utilisé en recherche pour mesurer ces deux axes est l'échelle ECR de 36 items (Brennan, Clark et Shaver, 1998), antécédent direct du questionnaire sur lequel se base notre test ; la recherche récente utilise surtout sa version révisée, l'ECR-R (Fraley, Waller et Brennan, 2000), qui affine l'analyse psychométrique de ces deux mêmes axes.
Les preuves ne se limitent pas aux questionnaires : l'étude par IRM de Coan, Schaefer et Davidson (2006) a montré que tenir la main de son partenaire pendant la menace d'une décharge électrique réduit la réponse cérébrale au stress, et d'autres travaux sur le contact physique en couple, comme celui de Grewen et al. (2003), ont enregistré une tension artérielle plus basse pendant l'interaction avec le partenaire qu'en solitude : le corrélat biologique de ce que la théorie appelle la « base de sécurité ».
C'est le schéma avec lequel vous avez tendance à vous lier émotionnellement aux autres, formé dans l'enfance et renforcé (ou corrigé) par les relations adultes. Il détermine la proximité que vous recherchez et votre façon de gérer la confiance.
Le modèle adulte le plus utilisé en décrit quatre : sécure, anxieux, évitant et désorganisé, résultant de la combinaison de deux axes indépendants (anxiété et évitement).
Oui. On parle de sécurité acquise : avec la connaissance de soi, des relations stables et parfois une thérapie, il est possible de développer des schémas plus sécures même si le point de départ ne l'était pas.
L'anxieux recherche la proximité et craint l'abandon ; l'évitant privilégie l'indépendance et se sent mal à l'aise à dépendre des autres. Ils sont presque opposés dans leur façon de gérer l'intimité.
Non. C'est une approche orientative et vulgarisée. Si l'attachement affecte fortement vos relations, il est recommandé de consulter un professionnel de la psychologie agréé.
Une expérience de laboratoire conçue en 1978 par Mary Ainsworth : elle observe comment un bébé d'un an réagit à deux brèves séparations de sa mère et à leurs retrouvailles, pour classer son attachement selon ces réactions.
Parce qu'il suit le modèle de Kim Bartholomew (1991) : il croise votre degré d'anxiété (modèle de vous-même) avec votre degré d'évitement (modèle des autres). Les quatre styles naissent de la combinaison de valeurs hautes ou basses sur ces deux axes, non d'une compétition entre catégories fermées.
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