Style kinesthésique : apprendre en faisant
Style kinesthésique : quand pratiquer enseigne plus que lire ou écouter
Les personnes dont le style kinesthésique est prédominant apprennent mieux en faisant elles-mêmes la tâche qu’en observant quelqu’un d’autre la faire ou en lisant comment la faire. Le corps et l’action font, pour ce style, partie active du processus d’apprentissage.
Elles ont souvent plus de difficulté à maintenir l’attention lors de longues sessions d’étude purement théorique et sans aucune application pratique, contrairement à celles qui ont un style auditif, capables de soutenir leur attention lors d’une longue explication orale sans avoir besoin de bouger.
Un exemple simple du schéma
Apprendre à faire un nœud en regardant un schéma ou en écoutant une description suffit rarement pour ce style : il faut prendre la corde et l’essayer avec les mains, plusieurs fois, avant que ce soit fixé. Ce même schéma apparaît de façon plus générale :
- Elles apprennent mieux en pratiquant qu’en observant une démonstration ou en lisant des instructions.
- Elles ont du mal à rester immobiles longtemps en apprenant quelque chose de nouveau, même si le sujet les intéresse.
- Elles ont besoin de bouger ou de manipuler physiquement quelque chose pour bien se concentrer sur une tâche complexe.
Le modèle VARK associe ce style à la pratique précoce (apprendre en faisant, même avec des erreurs au début), alterner théorie et mouvement en sessions courtes, et les exercices manipulatoires ou simulations comme alternative au matériel purement théorique.
Un principe très ancien, la même idée
Confucius a résumé cette même idée il y a plus de deux mille ans : « ce que j’entends, je l’oublie ; ce que je vois, je m’en souviens ; ce que je fais, je le comprends. » Ce n’est pas un hasard si le style kinesthésique se relie si bien aux modèles d’apprentissage centrés sur le processus, comme celui de David Kolb : la phase d’« expérimentation active » de son cycle d’apprentissage, et le style « actif » que Peter Honey et Alan Mumford ont décrit par la suite, partagent avec ce style la même idée de fond : on apprend en essayant, pas seulement en observant ou en lisant à ce sujet.
Pourquoi la pratique répétée est si déterminante
Le journaliste Malcolm Gladwell, dans son livre Outliers (2008), a popularisé une idée qui venait des recherches du psychologue Anders Ericsson sur le développement de la maîtrise : atteindre une véritable maîtrise d’une compétence complexe exige, presque toujours, des milliers d’heures de pratique soutenue et concentrée, pas seulement un talent inné. Gladwell a rassemblé des exemples très différents, des musiciens aux programmeurs, pour montrer que derrière la plupart des grands experts se cache une quantité énorme d’heures de pratique accumulées, pas seulement un don de départ. Pour le style kinesthésique, cette idée s’applique directement : la raison pour laquelle pratiquer vous apprend plus que lire ou écouter n’est pas une préférence superficielle, c’est que la répétition de l’action elle-même est, selon cette recherche, le mécanisme réel derrière l’apprentissage profond dans presque toute compétence.
Un type de mémoire différent, avec son propre siège dans le cerveau
Les neurosciences distinguent deux grandes familles de mémoire : la déclarative (des faits et des données qu’on peut expliquer avec des mots, comme une date ou une formule) et la non déclarative ou procédurale (des compétences qui s’exécutent de façon automatique, comme faire du vélo ou taper au clavier). La seconde ne se construit pas en écoutant une explication ni en lisant un manuel : elle se construit en répétant l’action encore et encore, jusqu’à ce qu’elle s’inscrive dans les zones motrices du cortex cérébral, les ganglions de la base et le cervelet, pas dans les zones associées au langage.
C’est la même raison pour laquelle quelqu’un peut expliquer de mémoire, dans le moindre détail, comment faire un nœud et pourtant ne pas réussir à le faire correctement du premier coup avec ses mains : ce sont deux systèmes de mémoire distincts, et le procédural ne se construit qu’avec la pratique physique réelle, qui change physiquement le cerveau. Quand ce style peine à « se contenter de la théorie », ce n’est pas un manque d’attention : c’est que la compétence qu’on cherche à apprendre vit, littéralement, dans un circuit cérébral qui ne s’entraîne qu’en faisant.
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Questions fréquentes
Qu'est-ce que le style d'apprentissage kinesthésique ?
La tendance à mieux retenir l'information quand on la pratique physiquement et activement, en faisant soi-même la tâche, plutôt qu'en la regardant, l'écoutant ou la lisant.
Quelles stratégies d'étude sont associées à ce style ?
Le modèle VARK relie ce style à la pratique directe, aux simulations ou exercices manipulatoires, et aux sessions courtes avec du mouvement, même si le résultat peut varier selon la personne et la matière.
Pourquoi est-il difficile de se concentrer en lisant longtemps avec ce style ?
Selon ce modèle, ce style traiterait mieux l'information par l'action que par la lecture passive et prolongée, même si les preuves sur les styles d'apprentissage en général restent limitées et débattues.