Style évitant face au conflit : attendre le bon moment
Le style évitant n’est pas toujours fuir le problème : c’est parfois attendre le bon moment pour l’aborder.
Ce test fait partie d’une série vulgarisée sur la gestion des conflits, fondée sur un modèle académique classique de psychologie sociale. Sa lecture a une visée informative et ne remplace pas l’accompagnement d’un professionnel.
Faible assertivité, faible coopération
Dans le modèle de Kenneth Thomas et Ralph Kilmann (1974), le style évitant combine une faible assertivité (ne pas défendre activement sa propre position) avec une faible coopération (ne pas non plus chercher activement celle de l’autre) : il reporte ou esquive simplement le désaccord. Il est souvent mal interprété comme une faiblesse, mais dans de nombreux contextes c’est un choix stratégique raisonnable.
Quand cela fonctionne
C’est authentiquement utile dans des conflits à faible enjeu, où le coût de discuter dépasse le bénéfice de le résoudre ; quand la tension du moment fait que toute conversation tournerait mal, et qu’il convient d’attendre qu’elle baisse ; ou quand le sujet, simplement, a tendance à se résoudre de lui-même avec le temps sans intervention directe.
Comment cela se manifeste
- Vous reportez une conversation difficile jusqu’à ce que la tension du moment baisse.
- Vous laissez passer des sujets que vous ne considérez pas très importants, sans plus y penser.
- Vous évitez d’initier un conflit si vous pensez qu’il ne mènera à rien de productif.
- Vous préférez prendre du temps avant de réagir à quelque chose qui vous a dérangé.
Le risque d’éviter l’important
Le problème survient quand ce style devient la réponse automatique aussi pour les sujets qui doivent vraiment être discutés. Contrairement aux désaccords mineurs, ces sujets ne disparaissent pas simplement parce qu’ils sont reportés indéfiniment : ils ont tendance à rester présents, et trop les reporter peut faire que, quand ils sont finalement abordés, ils arrivent avec plus de charge accumulée que nécessaire.
Votre défi de croissance
La clé est de distinguer « ceci peut attendre » de « j’évite ceci parce que ça me met mal à l’aise ». La première est une décision stratégique légitime ; la seconde, si elle se répète pour l’important, peut laisser des besoins réels sans réponse indéfiniment. Vous demander honnêtement laquelle des deux se produit dans chaque cas aide à utiliser ce style là où il rend vraiment.
Ce qu’éviter fait au sens partagé
Kerry Patterson, Joseph Grenny, Ron McMillan et Al Switzler, dans Conversations cruciales (2002), incluent « éviter » et « se retirer » parmi les formes de silence qui apparaissent quand une conversation commence à se sentir risquée : esquiver complètement le sujet sensible, ou directement quitter la conversation ou la pièce. Appliqué au conflit, ce style fait exactement cela, reporter ou esquiver le désaccord, et les auteurs sont clairs sur son effet : cela maintient l’ensemble d’informations et de perspectives partagées dangereusement superficiel. Ce n’est pas un problème quand le sujet est vraiment mineur, auquel cas l’éviter est simplement efficace. Mais quand cela s’applique à quelque chose qui compte vraiment, le fond du problème ne se résout pas, il ne fait que se retarder, et revient généralement plus tard avec la même tension non traitée, voire encore plus accumulée qu’au départ.
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Questions fréquentes
Éviter le conflit est-il toujours une mauvaise stratégie ?
Non. C'est authentiquement utile dans des conflits à faible enjeu, quand la tension du moment empêche une conversation productive, ou quand le sujet se résoudra de lui-même avec le temps.
Quelle est la différence entre éviter et être passif dans ma communication ?
C'est lié mais ce n'est pas la même chose : la communication passive concerne comment vous exprimez (ou non) ce que vous pensez ; le style évitant face au conflit concerne si vous décidez d'entrer ou non dans le désaccord.
Quand éviter devient-il un problème ?
Quand cela s'applique aussi à l'important : les sujets qui doivent vraiment être discutés ne disparaissent pas simplement parce qu'ils sont reportés indéfiniment.
Quel est le modèle derrière ce test ?
Il repose sur le modèle académique à double dimension de Kenneth Thomas et Ralph Kilmann (1974) : assertivité personnelle face à coopération avec l'autre.