Empathie : reconnaître ce que ressentent les autres
Empathie : comprendre avant de répondre
L’empathie, dans le modèle d’intelligence émotionnelle, est la capacité à saisir l’état émotionnel d’une autre personne même quand elle ne le verbalise pas directement : un ton de voix, un silence plus long que d’habitude, un geste. Ce n’est pas seulement « ressentir la même chose » que l’autre, mais comprendre précisément son point de vue.
C’est une composante qui facilite énormément les relations, mais qui peut aussi générer de l’épuisement si elle ne s’accompagne pas d’une bonne autorégulation.
Note de responsabilité : Cet article s’appuie sur le modèle d’intelligence émotionnelle de Goleman et a une finalité exclusivement informative. Il ne remplace ni l’évaluation, ni le diagnostic, ni l’intervention d’un professionnel de la santé mentale.
Comment elle se manifeste
- Détecter l’état émotionnel de l’autre sans qu’on le leur dise, à partir de signaux non verbaux ou du contexte.
- Se mettre facilement à la place de l’autre, même face à des points de vue très différents du sien.
- Ajuster sa façon de communiquer selon la façon dont on perçoit ce que ressent son interlocuteur.
- Remarquer quand quelqu’un dit « ça va » sans que ce soit vrai, au ton ou au silence qui accompagne la phrase, plus qu’à la phrase elle-même.
Lire l’émotion qui se cache derrière l’émotion
Le psychologue Leslie Greenberg, l’une des références de la thérapie centrée sur les émotions, construit une grande partie de son approche autour de l’accordage empathique : la capacité à saisir avec précision ce que l’autre ressent vraiment, même quand ce qu’il montre à l’extérieur est autre chose. Greenberg distingue l’émotion primaire (la réponse la plus directe à ce qui s’est passé), la secondaire (une réaction à cette première émotion, par exemple de la colère pour avoir eu peur) et l’instrumentale (celle que quelqu’un exprime, parfois sans en avoir pleinement conscience, pour produire un effet sur la personne en face de lui) — la même distinction déjà appliquée à soi-même dans notre article sur la conscience de soi émotionnelle.
Cette distinction est un outil pratique pour l’empathie du quotidien. Quand quelqu’un réagit avec une colère qui paraît disproportionnée, la question utile n’est pas seulement « qu’est-ce qu’il lui arrive ? », mais « qu’est-ce qui peut se cacher sous cette colère ? » : souvent, l’émotion visible est la secondaire, et derrière il y a de la douleur, de la peur ou de la honte que l’autre personne n’a pas nommées, peut-être même pas pour elle-même. Apprendre à lire cette couche de fond, sans se contenter de la réaction superficielle, est ce qui distingue une empathie précise d’une empathie superficielle.
Facteurs que la littérature associe à une empathie plus précise
- L’émotion de fond, pas seulement la réaction visible : le psychiatre Norberto Levy, dans son concept de « double réaction », décrit comment l’émotion montrée à l’extérieur est souvent une réponse à une émotion antérieure déjà vécue, pas la réaction d’origine ; prendre conscience de cette couche préalable aide à mieux comprendre ce qui arrive à l’autre personne.
- Écouter sans préparer sa réponse : la pleine présence pendant l’écoute est associée, dans la littérature, à une meilleure captation de ce que ressent l’autre.
- Confirmer plutôt que supposer : vérifier l’interprétation d’une émotion, plutôt que de la tenir pour acquise, est associé à projeter moins ses propres sentiments sur l’autre.
- Sa propre régulation émotionnelle : la recherche décrit l’empathie soutenue sans limites comme une source possible d’épuisement, c’est pourquoi elle se pense souvent avec l’autorégulation comme des composantes complémentaires.
Un exemple de la première idée : un collègue qui répond avec brusquerie à une remarque anodine ne réagit probablement pas à la remarque en elle-même, mais à quelque chose de préalable (fatigue, une préoccupation différente) que l’empathie bien entraînée cherche à détecter avant de répondre seulement à la brusquerie apparente.
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Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'empathie dans le modèle d'intelligence émotionnelle ?
La capacité à reconnaître et comprendre ce que ressentent les autres, même quand ils ne l'expriment pas directement avec des mots.
Empathie et complaisance, est-ce la même chose ?
Non. L'empathie consiste à comprendre l'émotion d'autrui ; être complaisant, c'est faire systématiquement passer l'autre avant soi. On peut avoir de l'empathie tout en posant des limites.
Peut-on avoir beaucoup d'empathie et peu d'autorégulation ?
Oui, et cela engendre souvent de l'épuisement : ressentir intensément les émotions d'autrui sans pouvoir les gérer peut mener à la fatigue de compassion. Les deux composantes fonctionnent mieux ensemble.